La précarité étudiante

Le 8 novembre 2019, Anas, 22ans commet l’irréparable. Cet étudiant, en s’immolant par le feu, a provoqué de vives mobilisations sur les campus universitaires. Le campus de Lyon 2, à Bron a été bloqué à plusieurs reprises dans les jours qui ont suivi cet indicent.La présidente de Lumière 2, Nathalie Dompnier*, n’a eu de cesse d’envoyer la police sur son campus, sur toutes les actions qui ont été tentées.

” Des étudiants dorment dehors, sont en fragilité sur le plan de leur santé, ils n’ont plus les ressources pour vivre décemment; ils ratent des cours pour aller travailler”

Photo : Claudia Corbonnois

Selon un rapport réalisé par l’Inspection Générales des Affaires Sociales, en 2015, près de 20 % des jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté.Malgré des coûts d’inscription peu onéreux, les étudiants ne sont pas épargnés par les coûts de la vie quotidienne à savoir le logement et les frais qui s’ensuivent (eau, électricité,chauffage…). Au niveau international, la France est le7e pays où la vie étudiante est la plus chère.

Les coûts de formation universitaires en France se situent entre 180 et 380€selon le niveau de formation.Cependant, en moyenne, doit compter 16 777€ par année pour répondre à ses besoins. Ainsi, le coût de vie étudiant en France est plus cher qu’un pays comme la Malaisie où les coûts de formation sont très élevés, à savoir 2 500€ par an.

Au travers de la sphère politique, les avis convergent entre soutien et méfiance.Le président de l’Union Populaire Républicaine, M. Asselineau apporte rend hommage à Anas. Qualifiant cet événement”d’horreur’, il souhaite revenir sur les raisons de cet étudiant à commettre cet acte tragique. Pour le représentant de l’UPR, ils ‘agit d’un symbole de la souffrance subie par les étudiants.”Comment peut-on vivre avec 450€ par mois,15€ par jour, pour se loger, se nourrir, s’habiller,payer ses transports, assister à ses enseignements, se distraire ?”. Le Secours Catholique fait aussi référence à une détresse générale au vu du nombre de français qui gagnent moins de 500 € par mois.”

20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté

Au lieu de considérer les problèmes structurelles sur la précarité étudiante,l’ancienne députée LR, Nadine Morano,présuppose qu’Anas était dans une idéologique radicale.20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Selon un rapport de l’INSEE, si les étudiants ne travaillaient pas durant leurs études, cela offrirait une probabilité d’amélioration de43%quant à leurs résultats scolaires.Depuis le jour du drame, la problématique de la précarité étudiante s’est fortement étouffée dans l’opinion politique, mais la situation elle reste très difficile.

Photo : Claudia Corbonnois