« On ne mourra pas sans se battre »  pour les restaurateurs marseillais, « On est tous sacrifiés » clament les restaurateurs toulousains

« On ne mourra pas sans se battre » pour les restaurateurs marseillais, « On est tous sacrifiés » clament les restaurateurs toulousains

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Pour lutter contre le coronavirus, la préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté de fermeture des bars et restaurants. En signe de protestation, une centaine de patrons d’établissements ont tenté lundi de bloquer l’échangeur entre l’autoroute et le tunnel du Prado qui permet de traverser Marseille.

Ils enjambent le terre plein central, se mettent devant les barrières aux péages et sur les ronds-points, tandis que les automobilistes manifestent leur soutien. À Marseille et Aix-en-Provence, les restaurateurs et patrons de bars ne décolèrent pas : ils doivent fermer pour une période de quinze jours, décision de la préfecture des Bouches-du-Rhône pour lutter contre le coronavirus Covid-19. Aussi, après avoir baissé le rideau dimanche soir, ils ont manifesté à nouveau lundi 28 septembre. À la manière des gilets jaunes, ils étaient une centaine à tenter de bloquer l’échangeur entre l’autoroute et le tunnel du Prado qui permet de traverser Marseille.

Cela fait sourire Loïc, qui n’est pas restaurateur. Il travaille pour le torréfacteur marseillais Henry Blanc. Quand les cafés ferment, lui aussi se retrouve au chômage partiel.

Ils sont en train de geler tout le monde ! Les restaurants, les bars, les torréfacteurs, les brasseurs. N’importe quoi. Tout le monde perd de l’argent. Personne ne travaille, partout ! 

Loïcà franceinfo

Au milieu de la route aussi, Sandrine, patronne d’un restaurant à Marseille, elle n’arrive plus à s’en sortir à la fin du mois. ‘‘Moi, je n’ai pas de salaire pendant une année vu que ma saison n’a pas été faite, explique-t-elle. Comment on survit ? Au bout de vingt ans de carrière, ce n’est pas rigolo parce que les aides, c’est pas pour nous. Les salaires, si on n’en a pas, il n’y a personne qui vient taper à la porte en nous demandant si on a mangé ce mois-ci…

« L’État n’a pas fait son travail »

Maryline, elle, arrête les voitures avec sa pancarte. Elle ne demande qu’à travailler et elle en veut beaucoup au gouvernement. ”Je suis en colère, je suis dégoûtée, tempête-t-elle. On est tous sacrifiés ! Pourquoi ? Parce que l’Etat n’a pas fait son travail ! Il s’est désengagé de ses hôpitaux, il s’est désengagé de la police. Il n’a rien fait, tout l’été. Et maintenant, il vient nous taper sur la gueule à nous, à Aix-en-Provence centre et Marseille ?’

Incompréhension aussi pour Bernard Marty, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans les Bouches du Rhône. ”On ne peut pas comprendre les décisions qui sont prises par ce gouvernement, explique-t-il, parce que les seuls lieux dans lesquels on était protégés par des gestes barrières, de la distanciation, du gel hydroalcoolique, c’était dans les restaurants, bars et des cafés.” 

À Toulouse, la colère pointe à chaque bout de phrase

La colère pointe à chaque bout de phrase. Les gérants de restaurants et bars toulousains s’étaient donné rendez-vous ce lundi après-midi à l’appel du principal syndicat professionnel du secteur, l’UMIH de Haute-Garonne. Près de 250 d’entre eux avaient fait le déplacement pour dénoncer les conditions de restriction qu’ils doivent appliquer à compter de ce lundi soir.

Si les restaurants peuvent rester ouverts sous conditions, les bars eux doivent tirer leur rideau à 22 h dernier carat. De quoi échauffer les esprits, sans pour autant qu’une décision soit prise de manifester sous les fenêtres de la préfecture comme à Marseille. « Nous ne sommes pas encore dans leur situation, mais la fermeture n’est pas loin. Pour beaucoup, si cela arrive, la manifestation est actée comme possible, mais aussi des actions en justice avec des référés-liberté », pose Philippe Belot vice-président de l’Umih 31.

- Réunis ce lundi en assemblée générale, les gérants des bars et restaurants toulousains sont abattus.
- Ils ne comprennent pas les nouvelles restrictions qui touchent leur secteur d’activité.

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France Info
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