Vidéo. Haut-Karabakh : la communauté arménienne de Lyon s’inquiète pour la population piégée par les combats

Vidéo. Haut-Karabakh : la communauté arménienne de Lyon s’inquiète pour la population piégée par les combats

image_pdfimage_print

« Ils méritent la paix » : les Manifestations de la diaspora arménienne dans les rues de Lyon contre la crise humanitaire au Haut-Karabakh

Alors que l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont accordés ce samedi sur un cessez-le-feu à partir de midi (08 heures GMT) dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh, les deux parties s’accusent de nouvelles attaques

En voiture, klaxonnant à tout rompre et arborant avec fierté le drapeau de l’Arménie, plusieurs personnes d’origine arménienne se sont réunis sur la place Bellecour à Lyon, ce vendredi 9 octobre. Ils dénoncent notamment l’agression de l’Azerbaïdjan envers les habitants du Haut Karabakh et appellent à une réaction des élus face à ce qu’ils n’hésitent pas à qualifier de « crise humanitaire ».

Le 27 septembre dernier, de nouveaux combats éclataient entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie à propos du Haut Karabakh. Le conflit dure depuis 1991, date à laquelle la région, jusqu’alors rattachée à l’Azerbaïdjan par l’Union Soviétique, proclame son indépendance sous le nom de République d’Artsakh. L’Arménie soutint dès lors l’initiative puisque cette région de plus de 140 000 habitants compte à près de 95% d’arméniens. Ceci provoque un conflit sanglant qui n’est encore aujourd’hui toujours pas résolu puisque des combats éclatent toujours ponctuellement, comme en avril 2016.

Les derniers conflits en date cependant se démarquent par leur violence : Amnesty International dénonce en effet dans un article du 7 octobre 2020 l’utilisation de « bombes à sous-munition », armes interdites par le droit international humanitaire. Les images montrent Stepanakert, la capitale, dévastée par de nouveaux bombardements, les populations civiles désemparées.

Les manifestants dénoncent ainsi une véritable « crise humanitaire », et mettent par la même occasion en cause le régime dictatorial de Ilham Aliyev (rappelons que l’Azerbaïdjan est classé 166e en terme de liberté de la presse et que nombreux prisonniers politiques y sont actuellement enfermé). Ils dénoncent aussi l’implication du président Erdogan, soutien de l’Azerbaïdjan où il y avait envoyé début octobre des jihadistes syriens. Ils ont ainsi manifesté devant le consulat de la Turquie jeudi dernier dans l’espoir d’interpeller les élus.

Ils espèrent par ailleurs une meilleure couverture médiatique sur la crise humanitaire qui se déroule là-bas, refusent les qualifications de « séparatistes » accordées aux arméniens du Haut Karabakh. Ils soulignent notamment que ces populations sont présentes depuis l’Antiquité et peuvent être de fait qualifiées « d’autochtones ».

D’autres manifestations ont ces derniers temps eu lieu pour les mêmes raisons, à Paris ou Marseille par exemple. La diaspora arménienne en France représenterait environ 600 000 membres.

Un cessez-le-feu est finalement entré en vigueur ce samedi 10 octobre après de longues négociations menées par le groupe de Minsk (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, chargé depuis 1992 de la médiation du conflit), avec à sa tête la Russie, la France et les Etats-Unis. Ce cessez-le-feu permettrait entre autre « d’échanger des prisonniers de guerre, d’autres personnes et les corps des tués ». Cependant la tension entre les deux Etats reste latente puisque les deux partis ne se sont pas encore entendus sur leurs revendications respectives, et que les combats ont continué jusqu’au dernier moment. Il s’agit à ce titre de rappeler qu’un premier cessez-le-feu de 1994 n’avait, de facto, pas aboutit à un traité de paix.

Auteur(s)

Chloé Pasquinelli
Plus de publications

Journaliste à #Droitcitoyen