Colère des libraires et des écrivains : de nombreuses mobilisations en faveur d’une réouverture

Colère des libraires et des écrivains : de nombreuses mobilisations en faveur d’une réouverture

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Alors que le pays poursuit son deuxième confinement, de nombreux libraires, écrivains, personnalités politiques mais aussi lecteurs déplorent des restrictions « injustes et absurdes » envers certains commerces et plus particulièrement les librairies.


La question de la fermeture des librairies est sensible car elle reflète une vision de la société. Alors qu’en Belgique les libraires sont autorisés à continuer leur activité, la France, elle aussi attachée à ses librairies, pose la question de l’importance de ces lieux en cette période.

Nous avons interrogé l’une d’entre elle, la librairie la bourse, bien connue des lyonnais. Comme beaucoup d’autres libraires indépendants en France, ils font part de leur mécontentement et de leurs inquiétudes. Des stocks continuent d’arriver en prévision des fêtes comme chaque année mais cette fois-ci, ils ne pourront pas être écoulés et ce malgré la possibilité pour les clients de commander et récupérer leur livres sur place. Mais au-delà d’une inquiétude sur le chiffre d’affaire, ces libraires redoutent l’emprise de plus en plus importante que prennent les grandes plateformes internationales et en particulier Amazon. Le géant américain est de plus en plus perçu comme un « colonisateur » qui souhaite mener « une guerre commerciale » en Europe. À tel point que certaines librairies se posent la question de leur survie à long terme.

Engagements

De nombreuses personnalités, artistes et politiques, se saisissent aussi de ce sujet pour affirmer l’importance des librairies.

L’écrivain Sylvain Tesson est à l’origine d’une initiative consistant à allumer chaque soir les lumières des librairies. Lui qui a souvent décrit dans ses romans ses confinements solitaires loin du monde occidental témoigne du caractère essentiel de la littérature en temps d’enfermement. En emportant dans ses voyages, seulement des biens de première nécessité et donc des livres.

« Un pays c’est aussi une culture, une civilisation, une vision du monde » a-t-il déclaré sur BFMTV. C’est donc important pour lui de « permettre aux libraires d’être les ambassadeurs de la pensée, la nuance, la poésie et la langue »

Un autre écrivain : Yann Moix, va plus loin en encourageant les libraires à la désobéissance civile et à ouvrir leur librairies. Puisqu’il qualifie non pas le livre d’essentiel mais de vital.

Il y a aussi le cinéaste Nicolas Bedos qui sur Instagram a récemment exprimé la même colère en écrivant : « Je suis convaincu que le débat est toujours nécessaire entre ceux qui nous rappellent qu’il faut sauver des vies et ceux qui nous rappellent que ce dont on nous prive fait le sens de nos vies ».

Ou encore François Busnel, présentateur de l’émission La grande librairie qui lance une pétition en ce sens.

Puis enfin un certain nombre de responsables politiques soutiennent ces revendications. Comme la maire de Paris Anne Hidalgo qui demande cette réouverture et demande « N’achetez pas sur Amazon ». Mais aussi l’ancien président de la République, François Hollande qui plaide pour cette réouverture des librairies et des bibliothèques, affirmant que le livre est une « nourriture intellectuelle » et qu’il est plus que jamais nécessaire.

C’est donc pour ces personnalités très diverses un message fort qu’envoie le gouvernement en décidant cette fermeture.

Réponses du gouvernement

Mais le gouvernement, bien qu’à l’écoute de ces revendications, tient à assumer sa décisions. Le premier ministre Jean Castex a déjà prévenu : le gouvernement ne reviendra pas sur les mesures prises.

Bruno le Maire se montre favorable et encourage le « cliquez et emportez ». Mais il dénonce « une poignée de maires irresponsables qui veulent défendre les commerçants mais en réalité menacent la santé des français ».

Au micro de Jean Jacques Bourdin, Gabriel Attal, porte parole du gouvernement s’est montré choqué par les propos d’Anne Hidalgo en faveur de cette réouverture des commerces. « Qu’elle aille tenir ce discours aux soignants qui sont débordés ».

Ainsi, si les librairies devaient rester ouvertes, ils redoutent de ne plus pouvoir assurer un contrôle des déplacements et craignent que « mécaniquement (il y ait) plus de gens dans les rues » argumente Gabriel Attal. En même temps, le prote parole du gouvernement ajoute que « Les libraires sont en discussion avec le gouvernement » et que des « aides massives » sont mises en place pour les accompagner.

Le conflit entre le gouvernement et certain petits commerçants semble donc loin d’aboutir à une entente. Reste qu’il existe des tout de même des solutions pour continuer de commander dans votre librairie. grâce à des sites tel que librairiesindependantes, lalibrairie.com et bien d’autres.

Auteur(s)

Romeo Marchetti journaliste #Droitcitoyen
Roméo Marchetti
Journaliste | Plus de publications

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