Covid : le Secours catholique alerte sur ces Français qui ont “basculé dans la pauvreté”

Le constat fait froid dans le dos : le nombre de demandeurs du RSA fin octobre a augmenté de 8,5% sur un an, d’après un outil de calcul mis en place par le ministère de la Santé. Et cette précarité, renforcée par l’épidémie de coronavirus, peut frapper tout le monde.

La directrice du Secours catholique, Véronique Fayet, alerte, jeudi matin sur Europe 1, sur ces personnes qui “basculent dans la pauvreté”. Avec la crise économique liée au Covid-19, des secteurs entiers ont été mis à l’arrêt et certaines personnes ont perdu leur emploi.

“Le salaire est parfois divisé par deux”

“On voit de plus en plus au Secours catholique, ou dans d’autres associations, des personnes qui travaillaient, avaient une vie normale, étaient dans une certaine fragilité mais s’en sortaient bien, et qui, tout d’un coup, basculent dans la pauvreté”, constate-t-elle. Cette précarité intervient par “la perte de leur travail”, mais aussi par la baisse du temps de travail : “sans primes, sans heures supplémentaires et en chômage partiel, le salaire est parfois divisé par deux.” 

La directrice du Secours Catholique donne notamment l’exemple de cette femme, mère célibataire, qui vit avec son fils de 15 ans. “Elle s’en sortait bien mais maintenant elle tombe à 800 euros par mois. Elle se voit contrainte de venir frapper à la porte des associations”, souffle Véronique Fayet. Elle se souvient également de ce jeune entrepreneur d’une trentaine d’années qui travaillait dans l’hôtellerie et la restauration avant la crise sanitaire : “il a basculé au RSA à 500 euros par mois.” 

Les plus démunis “ont été très mal protégés”

Pour remettre un peu de baume au cœur à ces personnes “qui comptent chaque centime d’euros”, l’association a lancé pendant les fêtes de fin d’année, une action intitulée “Fraternoël”. Dans de grands sacs, elle glisse des bougies, des étoiles, des contes de Noël, des vêtements chauds ou encore des boîtes de chocolat. Des restaurateurs sont également mobilisés pour offrir de bons repas. Une trêve pour ces premiers touchés par la crise du coronavirus, qui va permettre de souffler quelques jours avant d’affronter de nouveau la réalité.