Villeurbanne capitale française de la Culture 2022 : un projet qui met les jeunes à l’honneur

Mardi 30 mars, la ville de Villeurbanne a été récompensée par le ministère de la culture par le label de “Capitale française de la culture”. Ce label, attribué pour deux ans, soutient les villes ayant une politique culturelle innovante et sociale.

À première vue, Villeurbanne ne ressemble pas à une ville où la culture foisonne, pourtant elle vient d’être récompensée capitale française de la culture et compte bien mettre en avant son patrimoine, son dynamisme et toute l’innovation dont elle est capable en matière culturel et social. Elle veut ainsi se distinguer en tant que ville culturelle, montrant qu’elle est plus que la métropole de Lyon avec une culture qui fait « place aux jeunes ». 

« Nous avions fait le choix d’un parti pris “place aux jeunes” qui aurait pu nous être défavorable, ce n’est pas “bling bling”, mais le jury nous a fait confiance et a vu le socle très solide et très sincère sur lequel reposait notre candidature » déclare Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne à L’AFP. C’est donc avec des idées de « patrimoine ordinaire » et de « faire-ensemble » que Villeurbanne espère incarner « les politiques culturelles du XXIe siècle. »

La culture : « l’un des moteurs de la relance »

Comme l’affirme le ministère de la culture et la Caisse des Dépôts, « la culture est un secteur créateur d’emplois, l’un des moteurs de la relance. L’économie culturelle irrigue de nombreux autres secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, qui sont les secteurs actuellement les plus touchés par la crise sanitaire. »

Le maire de Villeurbanne espère quant à lui proposer un « horizon » après cette crise dans sa ville : « Nous savons que les acteurs de la culture traversent des moments très difficiles. Nous espérons que ce titre offrira un horizon de sortie de crise mobilisateur. Dès que les conditions sanitaires le permettent, nous pourrons, avec eux, lancer l’année française de la culture, placée sous le signe de la jeunesse et de la renaissance. »

Pourquoi un label de capitale française de la culture ?

Lancé cette année par le ministère de la Culture, le label Capitale française de la culture a pour but de distinguer tous les deux ans le projet culturel d’une commune ou d’un groupement de communes de 20 000 à 200 000 habitants avec l’ambition de contribuer au renouveau territorialisé de l’économie culturelle française.

Pour cette première édition, elles étaient neuf à se disputer le titre de « capitale française de la culture » : Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint Paul de la Réunion, Sète, la communauté de commune du Val Briard et Villeurbanne. Mais le jury national nommé par la ministre de la Cultur et présidé par Bernard Faivre d’Arcieré qui a auditionné ces neufs communes a retenu Villeurbanne pour représenter ce dynamisme culturel. De plus, ce label s’accompagne d’un financement d’un million d’euros, apporté à parité par le ministère de la Culture et la Caisse des Dépôts. Avec ce label l’objectif est de valoriser l’innovation culturelle au sein des villes dans ce qu’elle a d’artistique mais aussi de social.

Roselyne Bachelot, à l’origine de l’initiative a tenue félicite la ville de Villeurbanne : « Première des « deuxièmes villes de France » comme elle aime à se nommer, Villeurbanne, riche de son histoire industrielle, cité jeune et en croissance, a choisi la jeunesse pour force et cible de son projet culturel urbain. La ville entend renouer avec sa tradition d’éducation populaire et innover dans ses actions d’éducation artistique et culturelle. Elle compte s’appuyer pour cela aussi bien sur son patrimoine méconnu, ses forces associatives ainsi que sur les grandes institutions culturelles et les ressources universitaires présentes sur son territoire ».

Un patrimoine à revaloriser avec une culture qui se veut innovante

Avec notamment le TNP (Théâtre National Populaire) qui occupe une place très importante dans la vie culturelle de la métropole de Lyon mais aussi une Maison du livre, de l’image et du son, un institut d’art contemporain et plusieurs festivals, Villeurbanne a depuis longtemps un rôle important dans la culture rhodanienne.

Ainsi cette ville qui ne bénéficie pas d’une riche histoire, souhaite grâce à sa politique culturelle « enrichir le récit commun de la ville ». Car si elle ressemble à une énième ville de banlieue remplie d’habitations imposantes et de béton, Villeurbanne veut faire découvrir ou redécouvrir à ses habitants un patrimoine et une histoire jusqu’ici méconnus. En effet, dirigée depuis la fin du 19ème siècle par le socialisme, Villeurbanne revendique un important patrimoine lié à l’industrie, à l’immigration et à l’innovation, notamment en ce qui concerne le logement. Dès lors, le projet pour 2022 s’inscrit dans ce patrimoine en le faisant redécouvrir par ses habitants. 

Un label qui ouvre de nouvelles perspectives pour la politique culturelle de la ville

Pour sortir de la crise sanitaire, les élus veulent « donner des perspectives aux milieux culturels et artistiques et aux citoyens », en plus des nombreuses mesures mises en place pour soutenir les professionnels et les établissements touchés par les fermetures sanitaires.

Mais le pari central que fait Villeurbanne est celui de la jeunesse. En confiant notamment à un groupe de jeunes de 12 à 25 ans la lourde tâche de concevoir et produire de A à Z un événement gratuit qui doit attirer des dizaines de milliers de personnes. Tout cela afin de créer des interfaces entre les jeunes et les producteurs habituels de la Ville et de construire des relations durables.

Le but de la municipalité Villeurbannais est de construire un patrimoine « différent, inclusif et populaire » qui répond à 3 principaux enjeux de société : la transition écologique, la transition sociale et la transition démocratique. Pour l’année 2022, la ville prévoit de nombreux évènements dont 30 festivals, 25 mini centres culturels et 22 balades patrimoniales sur plus de 100 km.