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Thomas Pesquet : mission Alpha, retour vers le futur !

L’astronaute français Thomas Pesquet a abordé sa deuxième mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Pour la première fois depuis plus de dix ans, un astronaute européen décolle des États-Unis et devient le premier Français à être commandant de bord d’un vaisseau spatial pendant un mois.

Thomas Pesquet, spationaute de l’ASE (Agence spatiale européenne), a décollé le 23 avril à 11h49 CEST du Centre spatial Kennedy de la NASA à Cap Canaveral (Floride, États-Unis), accompagné de trois autres astronautes, les Américains Shane Kimbrought et Megan McArthur, de la NASA et le Japonais Akihiko Hoshide de la JAXA. Les astronautes, Crew-2, se sont rendus à l’ISS dans une capsule Crew Dragon Endeavour, qui se trouvait au sommet d’un lanceur Falcon 9 réutilisée appartenant à la compagnie Space X. Après un décollage réussi et un voyage d’environ 24 heures, ils sont arrivés à la Station spatiale internationale où ils passeront les 6 prochains mois.

Regarder le décollage: https://youtu.be/ram84mP_wCo?t=6103

Alpha Mission

Alpha est une mission spatiale supervisée par l’Agence spatiale européenne (ESA) et réalisée par Thomas Pesquet lors de son séjour d’avril à septembre 2021 sur l’ISS. En plus de cela, il effectuera une centaine d’expériences et de recherches.

Alpha fait partie de l’Expédition 64 (ISS), une mission de longue durée qui a commencé en octobre 2020 et qui a été menée par les astronautes de CREW-1. Également, Alpha continuera avec l’Expédition 65 (ISS), puisqu’avec l’arrivée de Thomas Pesquet et du reste de l’équipage, ils prendront le relais des astronautes qui ont déjà passé environ six mois dans la station et poursuivront les expériences.

Au cours de la mission Alpha, Thomas Pesquet reprendra, grâce à la contribution française du CNES (Centre National d’Études Spatiales) au Centre Spatial de Toulouse, les expériences qu’il avait réalisées lors de sa première mission, la mission Proxima lancée en 2016. Dans ce cas, le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) est la structure opérationnelle au sein du CNES qui sera en charge de ce projet.

Les noms des missions de Pesquet sur l’ISS, choisis dans le cadre d’un concours de l’ESA, font référence, d’une part, à Proxima Centauri, l’étoile la plus proche du Système Solaire dans la constellation du Centaure, dans le système stellaire et planétaire Alpha du Centaure. D’autre part, la deuxième mission de Pesquet, Alpha, porte le nom de la deuxième étoile la plus proche, Alpha Centauri A, dans la même constellation.

Les douze travaux de Thomas Pesquet

Au cours de son séjour de six mois sur l’ISS, l’astronaute réalisera douze expériences scientifiques créées par différents secteurs français sous la supervision du CADMOS, qui seront utilisées pour la recherche et le développement.

Crédits : CNES

  • Blob : un blob « physarum polycephalum » (moisissure à plusieurs têtes) est un organisme unicellulaire que les scientifiques ne sont pas parvenus à définir comme un animal, une plante ou un champignon, mais qui détecte néanmoins la nourriture, se déplace et apprend par ses décisions. Il peut également retenir des informations et modifier sa façon de bouger en fonction de ses expériences passées. Au cours de cette expérience sur l’ISS, Pesquet va observer et enregistrer les blobs pour découvrir comment la micropesanteur peut affecter leur nutrition, leur vitesse de déplacement et leur comportement dans leur environnement. En outre, des élèves ont été invités à réaliser la même expérience sur Terre afin de comparer les résultats.
  • Cerebral Aging : servira à l’étude du vieillissement du cerveau à l’échelle moléculaire, domaine dans lequel l’ISS se distingue. Pour cela, des organoïdes cérébraux seront exposés aux radiations et à la micropesanteur. Cette expérience pourrait contribuer à la recherche sur les maladies neurodégénératives et génétiques.
  • Dreams : l’une des premières expériences menées par Pesquet. Elle consistera en l’utilisation d’une « bandeau de sommeil » qui sert à mesurer l’activité cérébrale pendant le sommeil des astronautes lors de longues missions spatiales. Le service de neurologie du CHU de Toulouse fera l’étude.
  • Eco Pack : Le but est de développer de nouveaux types d’emballages plus respectueux de l’environnement pour les expériences menées à bord de l’ISS. Ils seront fabriqués à partir de polyesters dérivés de la fermentation bactérienne.
    • Renewable Foam et Edible Foam : les mousses à base de pétrole sont inutilisables dans l’ISS. Ils sont donc remplacés à titre expérimental par des matériaux de protection réutilisables, comestibles ou biodégradables.
    • Freshness Packaging : cette expérience démontrera l’efficacité des emballages perméables qui favorisent la conservation des fruits et légumes grâce aux échanges des gaz.
  • Immersive Exercise : grâce à la réalité virtuelle, les astronautes de l’ISS pourront “sortir” du vaisseau spatial et se déplacer avec des lunettes VR vers l’endroit où ils souhaitent faire leurs deux heures d’exercice quotidien.
  • Pilote : Encore une fois, la réalité virtuelle va permettre aux astronautes de s’entraîner en apesanteur par le biais d’une sorte de jeu vidéo dans lequel ils devront piloter un drone et capturer un véhicule spatial. Cela sert de formation pour les tâches robotiques à distance.
  • Lumina : Grâce à cette expérience, il sera possible de démontrer l’efficacité de la fibre optique pour mesurer l’exposition des astronautes à la radiation pendant leurs voyages et sur l’ISS. La dégradation de la couleur de la fibre indiquera si elle a été exposée ou non à une source de radiation.
  • Télémaque : une pince acoustique permettra de déplacer des objets sans les toucher et sans contamination. À l’avenir, cet objet permettra de déplacer des substances dangereuses et des échantillons biologiques.

Enfin, deux expériences d’étudiants seront réalisées. Deux équipes toulousaines ont remporté le concours Génération SSI avec deux projets : TetrISS et Eklosion.

  • TetrISS : cette expérience sera utilisée pour créer un modèle d’une plate-forme qui fonctionne de manière quasi autonome. Il faut donc observer les ondes ultrasonores en 3D au moyen de la vibration de fines particules avec l’expérience des Figures de Chladni. (motifs formés par une substance granulaire, un type de poudre normalement, sur une surface plane vibrant selon un mode particulier).
  • Eklosion : Thomas Pesquet va symboliser son union avec la Terre en faisant pousser des œillets d’Inde. Lorsqu’il ouvre le compartiment situé sous le capot de culture, il recevra des messages de ses proches sous forme de lettres parfumées, une véritable expérience sensorielle.

Avec un regard sur l’avenir 

Toutes ces expériences ont permis à Thomas Pesquet de retourner dans la station spatiale internationale et, en outre, de transférer des projets français dans l’espace. En plus, dans le cadre de cette recherche, des expériences scientifiques qui ne peuvent être réalisées sur Terre seront effectuées afin d’obtenir des résultats qui seront également utiles dans l’espace. Tout cela contribue à la poursuite du développement de tous les moyens et ressources qui permettront à l’avenir d’effectuer de longs voyages dans l’espace qui emmèneront des astronautes sur la Lune et sur Mars.